C'est petit, la vengeance (mais ça fait un bien fou)
L'histoire du plat très bon tout froid
Etre belle-mère, c'est devoir vivre avec une contrainte très particulière: la présence des enfants t'est imposée. Tu n'as absolument rien à dire (même si en théorie tu es peut être consultée, ton avis n'est suivi que si c'est le bon), et tu ne peux rien y faire.
Te rebeller est d'une inutilité crasse.
On ne refuse jamais à Papa de voir ses enfants.
Même les jours où ce n'était pas prévu.
Même si tu avais prévu une soirée en amoureux. Surtout si tu avais prévu une soirée en amoureux.
Ces jours-là, tu les connais par coeur et tu les attends avec impatience.
Au point que parfois tu aimerais condamner un mur de ta salle de bains pour y graver des bâtons (jusqu'au moment où tu te demandes si tu ne vas pas te les tailler direct sur les poignets, ça marcherait peut-être mieux).
Tu les attends parce que tu sais que ces jours-là, tu retrouves un minimum de contrôle sur ton emploi du temps. Donc sur ta vie. Et tu cesses de subir.
En règle générale, les enfants sont tous puissants.
Ton agenda, aussi important soit-il, n'est qu'un misérable fétus de paille dans un torrent de boue s'ils ont décidé que les choses se passeraient autrement.
Autant dire que certaines fois, lorsque tu as un impératif incontournable et que sur ce coup-là, tu obtiens gain de cause, tu as l'impression d'être Rosa Clark disant merde à un blanc pour une place dans un bus de noirs.
L'autre jour, nous expliquons à Princesse et BeauGosse que le weekend du 18 juin, ils resteront chez leur mère (en toi même tu as répété cette phrase des milliers de fois tellement elle sent bon). Car nous avons un mariage. On va faire la fête. S'éclater. Boire. Rire. Profiter.
Princesse fait la gueule.
Et dit: "On n'a qu'à venir, de toute façon on est une famille donc on devrait tous venir".
Alors tu prends ta respiration.
Telle Rosa Clark.
Ce n'est pas possible, vous n'êtes pas invités.
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